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Bienvenue dans cette première édition de Solstice, la newsletter de Grain. Fidèle aux valeurs que nous portons à travers notre revue papier, cette édition numérique sera notre voix immatérielle pour porter l’idée d’une écologie à la fois poétique, sensible et radicale.
Cette newsletter, c’est aussi une manière pour nous de vous partager les coulisses de la fabrication de Grain. Parce qu’éditer un objet papier aujourd’hui porte tout autant son lot de joies que d’obstacles, nous souhaitions ouvrir un espace pour vous raconter cette aventure en toute transparence. Vous emmener avec nous dans les champs et les ateliers et vous partager nos choix et les questionnements que nous traversons. Pour, aussi, vous informer sur les réalités de l’édition d’une revue papier indépendante et l’importance que vous, lectrices et lecteurs, avez dans cet écosystème.
À mes côtés dans l’écriture de Solstice, deux journalistes engagées, Clémentine Koenig et Amandine Bessard. Portées par nos sensibilités, nos visions du monde et aspirations, nous vous partagerons nos coups de cœurs, inspirations et révoltes le premier et troisième jeudi de chaque mois.
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Pour cette première édition, je souhaitais vous glisser un mot au sujet de l’abonnement. Pourquoi, lorsque vous optez pour un pack ou un abonnement, vous soutenez un modèle de presse plus vertueux ? La presse magazine classique produit énormément de gâchis. Elle “arrose” les kiosques et les grandes surfaces. Une fois la période de vente écoulée, les exemplaires qui n’ont pas été vendus sont souvent détruits. La folie du système capitaliste, c’est qu’il coûte moins cher à ces grandes entreprises de presse de faire détruire leurs invendus plutôt que de les rapatrier pour vendre le stock restant plus tard. Choisir de vous abonner à une édition indépendante, c’est soutenir un système de production vertueux.
Les abonnements et les packs pour lesquels vous pouvez opter nous permettent d’estimer au plus juste le nombre d’exemplaires qui pourront être écoulés. À l’image d’une marque de vêtements qui fonctionnerait en pré-commande, nous pouvons grâce à cela ajuster notre tirage d’impression pour ne pas sur-produire. À notre sens, si la sur-consommation et les consommateur.ices que nous sommes sont souvent pointées du doigt - et aussi à juste titre -, c’est avant-tout la surproduction de biens qu’il faut questionner. S’abonner ou précommander plusieurs numéros, c’est un engagement fort qui engendre une ronde vertueuse d’un bout à l’autre de la chaîne de l’édition.
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CHOSES VUES, LUES, AIMÉES
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FILMAKEJI, LE SOUFFLE DES MONTAGNES“Dans la vallée cachée d'Himuro, au Japon, Akeji et Asako semblent vivre de toute éternité dans un ermitage au toit d'herbe, parmi les animaux et les esprits de la nature.”
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Ce documentaire, réalisé par Mélanie Schaan et Corentin Leconte, est une merveille visuelle. Contemplation, poésie, lenteur, sobriété. Le souffle du vent dans les feuilles, les plantes qui deviennent trésors pigmentés imprégnant les toiles du peintre, le bain de nuit alimenté par le feu, le rituel du thé, les paroles retenues et les rires doux de ce couple de sages. Un éloge du temps qui passe et de la vie consciente. Disponible jusqu’au 6 février.
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Avec la St Valentin à l’horizon, pleins feux sur les ravages de la production de fleurs coupées, avec notamment le documentaire Sur le Front “Saint-Valentin, que cachent nos bouquets”, qui sera diffusé lundi prochain.
Si acheter une tomate en plein hiver semble incongru à de plus en plus de personnes sensibilisées à la question du maraîchage agroécologique, l’achat d’un bouquet de roses en plein hiver semble moins poser question. Pourtant, cette filière cache un véritable ravage écologique et humain, engendré par la culture de fleurs à l’autre bout du monde dans des champs lourdement arrosés de produits chimiques ou dans les serres chauffées néerlandaises. En France, des floricultrices et floriculteurs se donnent la peine de cultiver vertueusement de sublimes variétés locales, soutenons-les !
Pour aller plus loin, on vous conseille sans retenue le travail de d’Audrey et Mathilde de chez Désirée @desireefleurs et de Masami Lavault de @pleinairparis, ainsi que leur livre commun aux éditions Tana. Et pour trouver des fleuristes près de chez vous qui travaillent avec conscience grâce à la production hexagonale, l’annuaire du Collectif de la fleur française.
Photographie d’Ophélie Lauret, Grain Volume I.
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Pour Grain, c’est la semaine des premières. Nous venons de mettre en ligne la première publication de notre journal, un sublime portfolio d’Anaïs Boulogne, qui signe également la couverture de notre premier numéro papier. Une parenthèse dans les hauteurs mise en mots par Iris Cazaubon.
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LIVRE
DEVANT LA BEAUTÉ DE LA NATUREUn voyage poétique et philosophique pour comprendre l’importance vitale du lien sensible qui nous unit au reste du vivant, bercé par les mots d’Alexandre Lacroix. Si l’on protège ce qu’on aime et ce qu’on admire, alors arrêter de s’émerveiller devant la beauté de Nature ouvre les portes à tous les dangers.
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“À mesure que l'enquête avance, nous découvrons que notre sensibilité à la beauté des paysages est constitutive de notre humanité. Mais qu'elle est menacée. Nous ne vivons plus autant que nos ancêtres au rythme du soleil et des saisons ; nos sens s'émoussent. La modernité nous éloigne de la nature. La crise écologique est donc liée à une crise esthétique : rendue insensible à la beauté de la nature, l'humanité se sent autorisée à la saccager.” Devant la beauté de la Nature, d’Alexandre Lacroix aux éditions Allary.
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SÉLECTIONPêle-mêle de nos coups de cœur du moment. Les enthousiasmants entretiens de l’humoriste politique Guillaume Meurice dans “Meurice recrute”, son nouveau podcast. Interviewées à cette occasion, des personnalités inspirantes et subversives qui incarnent l’idée d’une autre façon de vivre ensemble. À commencer par un trio de femmes brillantes, Rokhaya Diallo, Dominique Méda et Camille Etienne.
La photographie “nature” de l’année. À couper le souffle.
Une chanson, un hymne féministe, alliant grâce et force. “Une sorcière comme les autres” de la regrettée Anne Sylvestre, superbement interprétée par Laetitia Isambert et Nathalie Doummar. Attention, frissons. Alors que le manteau hivernal dévoile l’écorce des arbres autour de nous, on ne cesse d’admirer le sublime travail du bois d’Étienne Bailleul, ébéniste sur la côte normande. Et on goûte le plaisir de se perdre dans les méandres sculptés de ses pièces sensibles. La discussion de l’autrice Corinne Morel-Darleux avec la brillante Paloma Moritz sur le média indépendant Blast, une bouffée d’air frais au milieu de l’ambiance politique morose. Et si vous n’avez pas encore lu le livre phare de l’autrice, “Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce” (ce titre incroyable), un essai philosophique et politique à la fois radical et sensible, nous vous le recommandons mille fois.
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Certains mots n’ont pas d’équivalent en français. Gumusservi, turc ; le reflet de la lune sur l’eau.
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Merci d’avoir lu cette première édition de Solstice ! Vous avez aimé, moins aimé ? Dites-le nous !
Vous pouvez nous envoyer votre précieux avis en répondant à ce mail. Rendez-vous dans deux semaines pour la prochaine édition.
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Pauline et la rédaction de Grain
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